GHETE
ECOLES
LA TRAVERSEE DU XXEME SIECLE AU CLOS DU DOUBS


Les écoliers de Saint-Ursanne
Il y a un an, dans le numéro 23, avec les membres du conseil d'administration, nous souhaitions recueil-
lir des témoignages afin de retracer un certain nombre de traits de l'histoire et des mutations que le
Clos du Doubs, ses habitants, ses villages, ses terroirs ont traversé au cours de ce XXème siècle dont
la grande page va bientôt se tourner. Voici le début d'un premier texte établi par Marc Comment de
Saint-Ursanne. Certainement d'autres personnes sauront nous apporter des documents complémentaires ou
des documents similaires pour d'autres villes et villages du Clos du Doubs, à propos de l'école, mais
aussi d'autres aspects de la vie au XXème siècle au Clos du Doubs, de l'agriculture à l'organisation
des routes et chemins. Ainsi nous pourrons ensemble élargir notre documentation et mieux traduire ces
années dix neuf cents que nous avons peu ou beaucoup connues et dont les témoins des premières années
nous quittent un à un, faisant passer ces années d'avant la Grande Guerre, de la mémoire vivante aux
archives de l'histoire.

Mais pour l'instant, comme nous le propose Marc Comment, grâce à son travail de recherche, allons nous
asseoir sur les bancs des écoles de Saint-Ursanne, regardant défiler les classes, les enseignants, qui
année après année, ont transmis et reçu ce savoir bien renouvelé.
Au début des années 1900, les écoles et l'enseignement sont organisés suivant les règles définies par
une loi de 1894. Avant d'aborder la question du Cercle scolaire de Saint-Ursanne, dans une première
partie, Marc Comment nous présente la situation en 1900 et l'évolution de Saint-Ursanne.
L'école à sept ans en 1900
Au début de ce siècle, l'école de Saint-Ursanne compte trois classes réparties sur
8 années.

Les enfants entrent à l'école le 1er avril de l'année où ils atteignent sept ans
révolus. Certains dits du "bon mois", y sont admis s'ils ont eu 6 ans entre le 1er
janvier et le 31 mars de cette même année. Garçons et filles sont dans la même
classe.

Une institutrice et deux instituteurs dispensent l'enseignement, l'institutrice
aux premières années et les instituteurs aux classes moyennes et terminales.
Le balayage et la couture
Il est à remarquer à cette époque qu'à part l'enseignement, l'un des maîtres est
chargé du balayage des escaliers et des corridors, alors que l'autre doit assu-
rer le nettoyage des lieux d'aisance et sonner pour annoncer l'entrée et la sor-
tie des heures de classe. Cette pratique disparaît en 1912 par la nomination
d'un concierge.

Une maîtresse d'ouvrage dispense des rudiments de couture et de tricot aux filles
des classes moyenne et terminale.

Des cours du soir sont donnés sous le nom d'école complémentaire, durant trois
années, à des jeunes gens ayant terminé leur scolarité obligatoire.
Monsieur l'inspecteur
Un inspecteur d'arrondissement scolaire veille à ce que la loi scolaire du 6 mai
1894, soit appliquée dans toute sa rigueur. Il fait en général deux visites an-
nuelles dans les classes et conseille la commission d'école dans l'exercice de
son mandat. Il a en outre la compétence d'accepter ou de refuser les dénoncia-
tions d'élèves manquants l'école sans motif valable.


De trois à quatre classes en 1914
Grâce aux informations recueillies par Marc Comment, nous voici mêlés aux écoliers de Saint-Ursanne au
début de ce XXème siècle. Après avoir fait connaissance avec les enfants, les enseignants et l'inspec-
teur, continuons de faire le tour de cette institution.
Où est installée l'école ? C'est une première question qui vient à l'esprit.
Trois maisons pour une école
C'est dans un bâtiment affecté dans ce but depuis 1886 et formé de l'amalgame de
trois maisons que se tient l'école. Il comporte trois salles de classe et trois
logements pour les instituteurs.
Fréquentation
L'école a lieu tous les jours de la semaine, matin et après-midi, sauf le jeudi.

Dans le premier quart de siècle, on accorde 7 à 9 semaines de vacances par année,
réparties sur deux ou trois périodes. Comme à cette époque il y a encore passa-
blement de paysans dans la localité, il est de tradition de donner une à deux se-
maines pour les foins en été, comme aussi de supprimer les heures de classe l'a-
près-midi en juin et juillet.

La fréquentation de l'école par certains enfants est très irrégulière et on as-
siste à de nombreuses dénonciations d'élèves pour des absences prolongées, les
parents ignorant la loi en les gardant à la maison pour aider au ménage ou à la
ferme.
Programme et course annuelle
Le programme scolaire, régi par la loi de 1894, comporte une dizaine de branches
et est réparti sur trois trimestres.

Le bulletin trimestriel atteste par des notes, de 1 = très bien à 5 = très fai-
ble, l'aptitude et les résultats obtenus pour chaque branche. En cas de notes in-
suffisantes, l'instituteur peut proposer la non-promotion d'un élève à la commis-
sion d'école qui statue sur le cas. Les heures de classe sont de l'ordre de 850
à 900 pour les petits et de 1050 à 1150 dès la 4ème année.

Chaque classe organise selon l'époque et en fonction des moyens pécuniaires des
parents une course annuelle ou promenade d'école de 1/2 à 1 jour. Durant les an-
nées de vaches maigres, il y est souvent renoncé, car durant les premiers lus-
tres de ce 20ème siècle, la population s'est souvent contentée de peu !

Quelques chiffres de cette époque: en 1908, on paie 28 fr un banc d'école et
3,40 fr / m2 pour la réfection du plancher d'une classe. Un instituteur effec-
tuant un remplacement reçoit 150 fr par mois. Et, en 1912, le salaire d'une
institutrice remplaçante est de 6 à 7 francs par jour d'école. L'écolage payé
par un élève d'une autre localité, oscille entre 10 et 15 fr par an, s'y ajou-
tant 5 fr pour le matériel scolaire.

En 1914, vu le nombre élevé d'enfants par classe, la création d'une quatrième
salle de classe, est décidée. Les 1ère et 2ème années forment la classe IV,
les 3ème et 4ème sont la classe III, les 5ème et 6ème années sont la classe
II, et les 7ème et 8ème, la classe I.

Deux institutrices dispensent l'enseignement aux classes III et IV, et deux ins-
tituteurs aux classes II et I.
La commision d'école
La commission d'école est nommée par le conseil municipal; c'est l'organisme municipal chargé de sur-
veiller la bonne marche de l'école sur le plan de la gestion correcte des locaux, du matériel et de
la fréquentation des heures de classe. Elle s'informe aussi des besoins inhérents à l'enseignement,
veille à ce que les maîtres remplissent leur devoir comme il se doit, les soutient dans les cas déli-
cats d'indiscipline ou de manquements des élèves et décident avec eux l'organisation de chaque année
scolaire. Lors du départ d'un enseignant, c'est elle qui met la place à repourvoir au concours, re-
çoit et examine les postulations des candidats. Elle se compose de 7 membres proposés par les partis
politiques. Lors de séances communes avec le corps enseignant, elle procède à la censure, c'est-à-
dire au contrôle de la fréquentation des leçons.


Régents et régentes des années 20
Dans l'entre-deux guerres, la situation des enseignants et les programmes évoluent.
Passant de trois à quatre en 1914, le mode de recrutement des enseignants se modifie.
Recrutement
Les instituteurs et les institutrices sont nommés par les citoyens lors d'élec-
tions communales spécifiques, après avoir fait acte de candidature, suite à une
mise au concours dans la "Feuille officielle scolaire". Tout d'abord provisoire
pour un ou deux semestres en général, leur nomination peut devenir effective
pour une période de six années, renouvelable à chaque échéance. Ainsi, au cours
de ce siècle, quelques "régents et régentes" ont accompli plus de trente cinq
années d'enseignement à l'école de Saint-Ursanne.
Développement de l'école
L'année 1922 voit la création d'une école primaire supérieure, conséquemment à
l'introduction de la 4ème classe quelques années auparavant. Elle prévoit 37
heures d'enseignement hebdomadaire, dont 4 heures d'allemand, 6 heures d'arith-
métique-géométrie et 1 heure de dessin technique en plus du programme primaire
habituel.

Quant à l'école complémentaire, les branches enseignées sont le français, l'a-
rithmétique, l'histoire et géographie, l'instruction civique, la comptabilité et
l'économie domestique.

L'école enfantine s'affirme elle aussi. Elle accueille les enfants en âge pré-sco-
laire, dès 5 ans. Elle est tenue par une religieuse de la communauté d'Ingenbohl
(localité de Suisse centrale).
Régularité et résultats soutenus
L'enseignement est alors totalement gratuit. Dans les années de l'entre-deux-guer-
res, on note une certaine stabilité au niveau des enseignants.

Le programme scolaire se déroule avec plus de régularité. L'évolution de la struc-
ture économique vers l'industrialisation en lieu et place de l'agriculture, favo-
rise une meilleure fréquentation des leçons. Il y a beaucoup moins de cas liti-
gieux de dénonciation. On note aussi l'apparition de quelques cas d'enseignement
donné à domicile en accord avec la commission scolaire.

On a adopté un rythme de vacances de 11 semaines. Elles sont réparties sur 4 pério-
des: Pâques, été, automne et Noël.

Cette stabilité au niveau de l'enseignement et le fait qu'en 1937-38, un quatuor
d'enseignants est à l'oeuvre et va, durant trois à quatre lustres, marquer de son
empreinte et de façon éminemment fructueuse, l'école primaire de Saint-Ursanne, va
permettre à nombre de jeunes gens et de jeunes filles d'entrer en apprentissage ou
de suivre une formation en école moyenne supérieur.
L'école, lieu d'action sociale et d'animation culturelle
Dès 1910, on distribue journellement du pain aux enfants pauvres, ainsi que des chaussures dès 1917. En
1922, une institution sociale voit le jour: celle des soupes populaires. En bénéficient les enfants de
parents indigents et qui continuent à se voir octroyer également chaque hiver des chaussures et de la
laine.

Au cours de cette même année 1922, il est procédé à la réorganisation de la bibliothèque scolaire. Un
des maîtres est nommé responsable et un subside communal annuel lui est alloué pour renouveler les li-
vres et acquérir les parutions dignes d'intérêt.

Les activités extra-scolaires telles que courses, manifestations des sociétés locales, prennent place
dans la vie locale et un médecin scolaire attitré visite les classes une à deux fois par année.


Du temps de la guerre à 1960
Les années 1930 ont permis de conforter le système scolaire et de l'installer dans la régularité, assu-
rant une bonne formation des jeunes de Saint-Ursanne. La période de la Deuxième Guerre mondiale boule-
verse en partie le fonctionnement de ce service. Mais, nous explique Marc Comment, l'après-guerre est
celui de l'explosion des effectifs.
Durant la guerre 39-45, l'école de Saint-Ursanne connaît quelques perturbations
dues à la mobilisation périodique des maîtres, sans toutefois remette en cause
la valeur de l'enseignement dispensé.

Autre bouleversement, dès l'année scolaire 1941-42, la valeur des notes change.
Elle passe en un ordre décroissant de 6 = très bien à 1 = très faible.
9ème année et 14 semaines de vacances
Dès 1945, après l'armistice du 8 mai, l'école s'installe dans une période de calme,
ponctuée par des innovations et des améliorations durables.

1946 voit l'introduction d'une 9ème année d'école dès le 1er avril. Le programme
général comporte un horaire d'été et un horaire d'hiver répartis sur 38 semaines
d'enseignement. Il y a donc 14 semaines de vacances, dont une, formée des jours
fériés reconnus.

En avril 1949, 145 élèves fréquentent l'école. Il sont répartis en 4 classes qui
comprennent respectivement 38 élèves pour la classe inférieure, 38 et 37 pour
les classes moyennes et 32 en classe supérieure.

Les courses scolaires sont à nouveau organisées chaque année.

Une maîtresse de couture part à la retraite après 30 années d'activité et deux
nouvelles sont nommées pour les classes de 5è, 6è et primaire supérieure.
Création de l'école ménagère
La création d'une école ménagère est décidée. Son but est d'offrir des cours mé-
nagers et d'économie familiale aux filles de la classe supérieure et, dès 1955,
aux jeunes filles de moins de 18 ans ayant terminé leur scolarité. Faute de lo-
cal aménagé dans ce but, les élèves vont à l'école ménagère de Glovelier en
attendant.
Réforme de 1951
Le 2 décembre 1951, une nouvelle loi scolaire entre en vigueur. Parmi les change-
ments qu'elle apporte, il faut signaler la suppression de la notion d'école pri-
maire supérieure. L'allemand et le dessin technique qui étaient au programme dans
cette classe, deviennent des leçons facultatives qui sont cependant conservées.
Conformément à la loi nouvelle, le nombre de semaines de vacances est porté à 15
pour les classes du degré inférieur.

Le mobilier scolaire qui a bientôt un demi-siècle d'âge, commence à être remplacé
par du matériel moderne mieux adapté.
La croissance des effectifs
Le nombre des élèves commence à fortement augmenter, 169 élèves sont recensés en
1953: les classes sont surchargées: 48 élèves se pressent dans la classe IV, 47
dans la classe III, 43 dans la classe II, et 31 dans la classe I.

La création d'une 5ème classe s'impose donc de manière inéluctable.

Cependant, comme aucune salle n'est disponible dans le bâtiment scolaire, les élè-
ves de cette classe occuperont provisoirement une salle de l'Hôtel de Ville et une
institutrice est nommée à sa tête.

La répartition par degré est la suivante: 1ère année en classe V, 2ème année et
moitié de la 3ème années en classe IV, moitié de 3ème et 4ème années en classe
III, 5ème et 6ème années en classe II, 7ème, 8ème et 9ème années en classe I.

En 1954, l'effectif est de 174 élèves. Ils sont répartis de la manière suivante:
classe V avec 36 élèves, classe IV de 36 élèves, classe III à 35 élèves, classe
II de 35 élèves et classe I avec 32 élèves.

Jusqu'en 1960, la gent écolière ne cesse de croître: 1956 compte 186 élèves, en
1957, il y a 185 élèves, puis 179 élèves en 1958, 176 élèves en 1959, et 180 é-
lèves en 1960.

Cet accroissement des effectifs pousse les autorités scolaires et communales à pro-
poser, puis à décider la création d'une nouvelle école. Une commission ad hoc tra-
vaille à cette réalisation.



Les écoliers de Saint-Ursanne (2)
Dans le numéro 28, en pages 3 à 6, nous avons commencé la publication du texte établi par Marc Comment
sur les écoles de Saint-Ursanne de notre siècle. Après avoir parcouru avec lui la première moitié du
siècle, il nous reste à prendre connaissance de l'évolution récente grâce aux nombreux documents que
Marc Comment a rassemblés sur la scolarisation à Saint-Ursanne. Toutefois, avant de reprendre notre
cheminement, nous allons avoir le plaisir de consulter quelques photos qu'il a choisies pour remettre
en mémoire les visages des écoliers et des maîtres de la première moitié de ce siècle.

Comme nous l'avions demandé dans numéro précédent, nous souhaitons que d'autres personne(s), nous trans-
mettent des textes, des documents complémentaires ou des documents similaires pour Saint-Ursanne comme
pour les autres villes et villages du Clos du Doubs, à propos de l'école, mais aussi à propos d'autres
aspects de la vie au XX ème siècle au Clos du Doubs, de l'agriculture à l'organisation des routes et
chemins.

Ainsi nous pourrons ensemble élargir notre documentation et mieux traduire ces années dix neuf cent que
nous avons peu ou beaucoup connues et dont les témoins des premières années nous quittent un à un, fai-
sant passer ces années d'avant la Grande Guerre, de la mémoire vivante aux archives de l'histoire.

Mais pour l'instant, comme nous le propose Marc Comment, grâce à son travail de recherche, allons ren-
contrer les écoliers et les enseignants qui ont animé les écoles de Saint-Ursanne.

Une toute neuve école en 1960
Après la fin de la guerre de 1939-1945, la croissance rapide des effectifs conduit les autorités commu-
nales et scolaires à envisager, puis à décider la construction d'une nouvelle école. Le passage à cette
école neuve et moderne, est accompagné de profondes mutations.
Pendant que se construit la nouvelle école, en 1960, les effectifs ont atteint 180
élèves.
Toutes les classes regroupées
C'est le 17 décembre 1960 que le nouveau collège est inauguré.

Ce nouveau bâtiment permet de regrouper toutes les classes, de créer une école mé-
nagère, d'aménager des salles de couture, de travaux manuels, ainsi qu'une salle
des maîtres et de réunion.
Mouvement et stabilité chez les enseignants
Dans les années 1950-1970, de mutations en mutations, se produit une transforma-
tion quasi totale du corps enseignant. Jugez plutôt: durant cette période, les
classes V, IV, III et I ont vu dans chacune d'elle, quatre enseignants se succé-
der. Il n'y a qu'à la classe II que le maître est resté le même, et ce, durant
39 années. Et pour couronner ce tableau assez sombre, il a fallu faire souvent
appel à des remplaçants entre les mutations.

En revanche, aussi bien à l'école enfantine que dans les classes de couture, on
rencontre une certaine stabilité, les titulaires y ayant fonctionné de 25 à 30
années.

Quelques chiffres glanés au hasard: en 1956, le salaire de la soeur de l'école
enfantine est de 8 Fr / heure; le coût annuel de l'enseignement scolaire et de
306 francs par élève.
70 années d'enseignement
L'année 1970 voit le départ à la retraite de Victor Valley, un maître qui a ensei-
gné pendant 38 années à Saint-Ursanne. Sa famille a particulièrement marqué l'éco-
le de Saint-Ursanne. En effet, Madame Valley, son épouse, a pratiqué 25 ans durant
à Saint-Ursanne, le fils aîné, 3 années, et leur fille, 6 ans. Au total, cette fa-
mille a été plus de 70 années au service de l'Ecole de Saint-Ursanne.
Effectifs en baisse et semaine de 5 jours
A partir de 1968, une nette diminution du nombre des élèves se fait sentir; la popu-
lation de Saint-Ursanne commence à régresser. C'est ainsi que l'on ne compte plus
que 139 élèves en 1968 et 130 en 1969. En 1971, un changement intervient dans la ré-
partition des heures hebdomadaires à l'école. La semaine de cinq jours est introdui-
te à titre expérimental, puis définitivement adoptée en 1973.

En cette même année, la Commission d'école institue un poste de proviseur, afin de
mieux coordonner les besoins et dépenses en matériel scolaire, et faciliter les
contacts entre le président de la Commission et le corps enseignant.


Ecole de Montmelon et St-Ursanne
Moins de dix ans après la construction de la nouvelle école, la population et les effectifs diminuent,
et pas seulement à Saint-Ursanne. Une entente est trouvée avec Montmelon, et les investissements et
améliorations se poursuivent.
En 1972, les élèves de la commune voisine de Montmelon, rejoignent les classes de
Saint-Ursanne, l'école de leur localité ayant été fermée.
Un écolage à 600 Fr
L'écolage pour la première période scolaire, est de 300 Fr par année et par élève.
Dès le 1er avril 1973, le tarif est fixé à 600 Fr. Une convention définissant les
rapports entre les deux communes est adoptée.
La longue année scolaire
Cette même année, l'école jurassienne décide de se rallier à la pratique ayant
cours en Suisse romande en ce qui concerne le début de l'année scolaire, où ce-
lui-ci a lieu en août.

Le passage à ce nouveau calendrier se fait en 1973 par le truchement d'une année
longue, comprenant deux semestres: du 1er avril 1973 à Noël 1973 et du 1er jan-
vier 1974 à août 1974.

A partir de cette date, l'année scolaire comporte 38 semaines d'enseignement à
raison de 29 leçons de 45 minutes, avec, en plus, les cours d'allemand et les
branches à option, pour les degrés moyen et supérieur, à raison de 26 leçons
pour les 2è et 3ème années, et de 23 leçons pour les 1ère année.

En 1974, on recense 132 élèves à l'école, y compris une dizaine d'enfants de Mont-
melon.

Des branches à option font leur apparition dans les classes supérieures. Ainsi, la
musique instrumentale est enseignée depuis 1975, et, au début, 8 à 10 élèves en
suivent les cours.
Après la musique, la gymnastique
A cette période, l'étude de la construction d'une halle de gymnastique et de spec-
tacles est décidée.

L'inauguration de la nouvelle halle de gymnastique, jouxtant le bâtiment scolaire,
a lieu le 17 décembre 1977. Cette halle permet enfin aux écoliers de pratiquer
sainement et avec assiduité, la gymnastique à laquelle il sont astreints. Jusqu'à
cette année là, les leçons de gymnastique étaient données cahin-caha, en plein
air, si le temps le permettait, rarement en salle, car l'ancienne halle, assez
éloignée de l'école, et pourvue d'un chauffage très rudimentaire, ne rencontrait
guère l'enthousiasme des enseignants pour l'utiliser régulièrement.
Au programme


Ecole de la République du Jura
La naissance de la République et Canton du Jura ne manque pas de donner de nouvelles orientations à
l'enseignement et à l'école.
Année de la création du canton du Jura, 1979 voit une nouvelle juridiction sco-
laire s'installer. Une nouvelle loi scolaire va être promulguée. Elle entrera
en vigueur en 1986.
Stabilité du corps enseignant
Tous les instituteurs et institutrices, ainsi que les maîtresses d'ouvrage et d'é-
conomie familiale sont tacitement réélus. On note une certaine stabilité dans le
corps enseignant. Cinq des institutrices et instituteurs qui sont encore en place
en 1997, ont été nommés respectivement en 1970, 1973, 1976 et 1981.
Le départ de la soeur
En 1982, la classe de l'école enfantine change de maîtresse et ce n'est plus une
religieuse qui en a la charge, mais une enseignante laïque. Ainsi, après quasi
un siècle de bons et loyaux services, la communauté des soeurs d'Ingenbohl, loca-
lité située à l'extrémité sud du lac des Quatre-Cantons, abandonne l'école de
Saint-Ursanne, à l'épanouissement de laquelle les soeurs ont tant oeuvré !
Arrive l'informatique
En 1985, on note l'introduction expérimentale de l'informatique à l'école, Saint-
Ursanne étant l'une des cinq communes choisies pour dispenser ce cours tous les
15 jours aux élèves de 7è, 8è et 9ème année. Le but de cette expérience est d'ar-
river à ce que chaque enfant considère l'ordinateur comme utile et indispensable
à court et moyen terme.
La réforme scolaire de 1986
La République et canton du Jura promulgue en 1986 la nouvelle loi scolaire adaptée
aux nécessités du moment et orientée vers une réforme de l'enseignement.

Cette dernière prend en compte: l'éducation préscolaire, la scolarité primaire et
l'enseignement secondaire.

. L'éducation préscolaire comprend deux années d'école maternelle. L'entrée en
classe maternelle est possible dès l'âge de quatre ans révolus. L'activité éduca-
tive y est essentiellement ludique.

. L'école primaire comprend les six premières années de la scolarité obligatoire.
L'entrée en première année s'effectue en principe à six ans révolus au 31 juil-
let. La durée annuelle est de 39 semaines, comprenant 24 leçons obligatoires par
semaine pour les degrés 1 à 3 et 28 à 30 leçons pour les degrés 4 à 6 (voir le
tableau de la page précédente).

. L'école secondaire comprend les degrés 7è, 8è et 9 ème années. Les élèves reçoi-
vent un enseignement conforme à leurs aptitudes. Ceci permet une formation adéqua-
te pour aborder les filières post-scolaires que sont:

 - la formation professionnelle (apprentissage),
 - la formation professionnelle en école professionnelle de métier,
 - l'orientation "étude" (lycée, institut pédagogique).


Le cercle scolaire de Saint-Ursanne
Avec la loi scolaire de 1986, au terme de la sixième classe primaire, tous les élèves entrent à l'école
secondaire, alors qu'auparavant, seuls les enfants ayant réussi, soit un examen, soit des tests, y
étaient admis dès la 5ème, voire la 6ème année. Cette réorganisation a complètement changé la structure
de l'école communale et conduit à la création d'un cercle scolaire pour Saint-Ursanne et les environs !
Ce cercle scolaire regroupe en un syndicat, des localités de Saint-Ursanne, Mont-
melon, Ocourt et Seleute. Tous les enfants de ces communes fréquentent l'école de
Saint-Ursanne suivant la répartition indiquée dans le tableau ci-dessous pour
l'année scolaire 1993-1994.
Le transport des écoliers à Saint-Ursanne est assuré par des bus scolaires pour
Montmelon et Ocourt. Ceux de Seleute et des fermes arrivent à l'école en voitu-
res privées. Le transport est gratuit, subventionné qu'il est théoriquement par
l'Etat jurassien. Cependant, il semble que les habitants des fermes ne reçoi-
vent pas l'aide à laquelle il semble qu'ils aient droit.
Un syndicat
Les organes du syndicat du cercle scolaire sont:

. L'assemblée des délégués, composée de 15 membres.

. Le comité, organe administratif ordinaire du syndicat.

. La Commission d'école, comprenant 11 membres.

. Le directeur du cercle scolaire.

Tous les membres du syndicat sont nommés pour une période de 4 ans, coïncidant
avec la période législative des communes. Ils ne sont rééligibles que deux fois
consécutivement, à l'exception du directeur du cercle.

Des statuts, entrés en vigueur le 1er août 1994, fixent les attributions et les
compétences de chaque organe. Ils définissent en outre les modalités de disso-
lution, de sortie et de l'élection des délégués. Ainsi, moyennant un préavis de
deux années et avec l'accord de toutes les communes membres, la sortie de l'une
d'elles, à des conditions bien spécifiques, est toujours possible.
Les études après Saint-Ursanne
A l'issue de sa scolarité obligatoire, l'élève peut, selon ses aptitudes et les
connaissances acquises, s'orienter vers différentes filières:

. Il peut accomplir un apprentissage de profession manuelle ou de bureau chez un
employeur et suivre les cours d'une école professionnelle artisanale ou commer-
ciale, un ou deux jours par semaines.

. Acquérir une formation dans une école de métiers: Une fois en possession d'un
CFC (certificat fédéral de capacité), il a la possibilité de continuer une for-
mation dans une école technique (diplômé, ingénieur, ETS), dans une école d'ad-
ministration ou suivre des cours en vue de l'obtention d'une maîtrise fédérale.

. Poursuvire des études dans une école moyenne (lycée, école de culture générale,
école d'infirmière, etc...) en vue d'obtenir un baccalauréat ou un diplôme. Le
baccalauréat lui ouvrira les portes de l'institut pédagogique (filière de l'en-
seignement primaire), ou d'une université, ou d'une école polytechnique (filiè-
res des professions libérales, professorales, enseignement secondaire ou diplôme
d'ingénieur EPF).

Au cours de la première moitié de ce siècle, rares ont été ceux et celles qui ont
suivi la filière "études". L'élève ayant passé la totalité de sa scolarité obli-
gatoire en école primaire, n'était pas préparé pour pouvoir suivre les cours d'un
lycée, d'une école normale ou d'un technicum, à quelques exceptions près. La démo-
cratisation des études n'avait pas encore commencé.

A partir de 1960 cependant, davantage d'élèves ont pu fréquenter l'école secondai-
re publique à Porrentruy ou des établissements privés et poursuivre des études pé-
dagogiques aux écoles normales de Porrentruy (garçons) ou Delémont (filles) ou,
via le lycée cantonal, acquérir une formation universitaire ou polytechnique.


Panorama et hommage
Voici que se termine le vaste panorama tracé par Marc Comment, que nous remercions encore, sur l'évolu-
tion de l'école à Saint-Ursanne tout au long du XXème siècle, montrant les changements et les réformes
qui l'ont marquée. Avant de porter notre regard sur le siècle qui vient avec les élèves et les maîtres
qui animent aujourd'hui cette école, rendons un grand hommage aux enseignants qui, avec fidélité, com-
pétence et dévouement ont fait vivre ces classes que deux photos réunissent d'un bout à l'autre du
siècle sur cette page.


En hommage:
Instituteurs et institutrices en poste à l'école
de Saint-Ursanne au XXème siècle
M. D. Dominé, av. 1907 à 1910
M. A. Gogniat, av. 1907 à 1937
Mlle M. Piller, av. 1907 à 1937
M. A. Piquerez  1910 à 1921
              et 1927 à 1937
Mlle M. Riat  1914 à 1917
Mlle G. Petermann  1917 à 1959
M. F. Fahndrich  1921 à 1927
M. V. Valley  1932 à 1970
M. G. Cramatte  1937 à 1954
Mme S. Valley-Cattin  1938 à 1944
                    et 1953 à 1966
Mlle G. Ruedin  1944 à 1948
Mlle Y. Chappuis-Voser  1948-1960
M. J.-L. Joliat  1954 à 1957
M. Ch. Moritz  1958 à 1976
Mlle M. Kohler  1960 à 1962
M. J. Valley  1961 à 1963
Mlle P. Lapaire  1962 à 1965
M. M. Perret  1963 à 1970
Mlle M.J. Valley  1965 à 1970
Mlle J. Aubry  1967 à 1973
M. J. Chalverat  1970 à 1972
Mlle F. Ammann  1970 -
M. S. Boillat  1971 à 1972
M. P. Migy  1973 -
M. D. Mischler  1973 -
Mlle V. Berberat-Jecker  1973 à 1981
Mlle F. Chapuis-Creton  1981 -
Merci à elles toutes et à eux tous.


en complément:
classe de Mlle Pétermann vers 1952
classe de Madame Valley 1955

in: AU CLOS DU DOUBS 28-97-05, p. 3-6, 4 ill.
et 29-97-06, p. 11-16, 8 ill.


LES ECOLES

classe 1922

classe de Mlle Piller 1929

Autres classes d'école
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classe de Mlle Germaine Pétermann
classe de Madame Suzanne Valley
classe de M. Victor Valley
classe de Mlle Yolande Chapuis

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